Accueil Date de création : 30/12/07 Dernière mise à jour : 11/11/08 15:47 / 25 articles publiés
 

Séries

XIII : les téléfilms  (Séries) posté le mercredi 13 février 2008 13:44

La série XIII est donc terminée. Du moins sur papier puisque est mis en chantier une mini-série (2x90 minutes) adaptant la BD culte. Elle sera d’abord diffusée à Pâques sur canal + puis d’ici à la fin de l’année sur M6.

Une bande-dessinée qui est une adaptation du roman de Robert Ludlum « The Bourne Identity » paru en 1980, s'inspirant de l'histoire de Jason Bourne pour porter un regard rétrospectif sur l'Histoire américaine contemporaine. La bande-dessinée a un tel succès critique comme public que l'on oublie peu à peu sa véritable origine. Sacrée mise en abyme pour une intrigue axée sur un amnésique en quête de ses souvenirs.

Puis en 1988, Richard Chamberlain (« les oiseaux se cachent pour mourir » « Allan Quaterman… ») incarne le héros d’un téléfilm intitulé « la mémoire dans la peau » soit le titre du roman éponyme, mais adaptant l’intrigue de la bande-dessinée !!? Et cette même année 1988, sortait sur les écrans un film assez sympa qui étrangement, fera date dans l’histoire des films d’action, un certain « Die hard » et son héros dur à cuire John Mc Clane. Heureux hasard, on apprend en 1990, dans l’album « la nuit du 3 août », le supposé (à l’époque) vrai nom de XIII, Jason Mac Lane. Et comment être étonné de lire dans ce nom un hommage au héros ayant inspiré la série, Jason Bourne, et celui dont les traits de caractères sont similaires, John Mc Clane ? Outre la perte de souvenirs, XIII entretient d’autres similitudes avec Bourne et notamment la manière dont il se découvre des capacités presque surnaturelles de se défendre. Quant au héros de « Die hard », comme lui, il subit plus qu'il ne provoque les évènements.

Et tandis que les années 90 se terminent, la saga XIII décline peu à peu (voir article précédent pour analyse). Laissant le champ libre au retour du Jason Bourne originel dans le film de Doug Liman « la mémoire dans la peau » (2002). Suivront deux séquelles réalisées par Paul Greengrass et dont la dernière en date s’avère décevante. Mais peu importe, la trilogie a remis au goût du jour des aventures d’espionnages plus réalistes, lumière naturelle, tendance monochromatique, action brutale et âpre, soit une esthétique issue des années 70.

Le 13 novembre 2007 a donc vu la parution du dernier tome des aventures du numéro XIII. Une fin assez quelconque pour une BD qui aura connu un succès sans précédent. C’est donc en toute logique que l’adaptation live est lancée, capitalisant à la fois sur l’album n°19 comme sur le dernier film de la trilogie « la vengeance dans la peau ». Et ironique retour des choses, on se dirige tout droit vers un traitement et une esthétique directement héritée des Jason Bourne. Il n’y a qu’à voir le casting rajeuni pour l’occasion : Stephen Dorff (« Blade », « Cecil B. Demented ») sera amnésique et Val Kilmer (« Top gun », « Spartan ») une « mangouste » ! Ceux qui attendaient une fresque historique digne de la BD en seront pour leur frais. De toute façon, dépeindre en 180 minutes une intrigue aussi foisonnante et traversant des décennies d’Histoire relevait de la gageure. Espérons au moins que le réalisateur Duane Clarck (des épisodes des « Experts ») ne nous filera pas la gerbe avec une caméra frénétique. Déjà que ce casting est assez indigeste.

So long et bonne chance dans ta nouvelle vie Jason Mac Lane…..

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Série en sursis : HEROES  (Séries) posté le jeudi 10 janvier 2008 13:39

La grève faisant rage actuellement à Hollywood touche de plein fouet de nombreuses séries. Et parmi elles, "Heroes" a le plus à craindre si sa diffusion venait à être différée trop longtemps.

 

Véritable phénomène outre-atlantique l’année dernière, et dans une moindre mesure chez nous, la série déjà en appel après une fin de 1ère saison complètement ratée (et c’est un euphémisme) hypothéquerait sûrement ses chances de prolonger l’expérience au-delà de la saison en cours.

 

Pourtant elle mérite une seconde chance tant Tim Kring a su interpeller un auditoire le plus large possible autour du concept super-héroïque le plus basique. Si les fans de comics et des x-men plus particulièrement (influence non avouée mais carrément prégnante) apprécie la série, ce n’est vraiment pas pour son originalité. Son succès permet aux comics-addicts de sortir de l’ornière et déclamer à une audience incrédule que leurs bande-dessinées ne sont pas si attardées.

 

Si la série est estampillée comics et contre-culture, on le doit à l’ami de Kring, Jeph Loeb scénariste star dans l’industrie qui a emmené dans ses bagages le dessinateur Tim Sale (les peintures d’Isaac Mendez, sont de lui) car Kring avoue lui-même qu’il n’y connaît rien à la culture comics ! Un comble. L’autre influence majeure est sans conteste le chef-d’œuvre de Shyamalan (supérieur à son « 6ème sens », c’est dire) « Unbreakable ». Film qui revoit le mythe du sur-homme (et la légende de Superman en particulier) d’une manière naturaliste, poétique et dramatique. Ils sont parmi nous, nous ressemblent et ont les mêmes problèmes (ou presque) existentiels. Cette approche permet surtout un traitement réaliste et de remiser le spandex, véritable épouvantail de la ménagère moderne. Choix hautement stratégique et parfaitement justifié par l’ambiance conspirationiste à la x-files qui imprègne la série.

 

Cependant, la série peine à assumer ses influences. Pire elle traite le genre et les fans avec une certaine condescendance. Les nombreux angles de prises de vues style comics, l’emploi d’acteurs ayant un lien avec le milieu (Stan Lee, George « Sulu » Takei), le personnage de Hiro le geek ultime sont avant tout destiné à légitimer auprès des soi-disant fans de comics un vulgaire soap !

D’accord, j’y vais fort. Mais avec du recul, on observe que tout tourne autour des relations entre des personnages qui font peu ou proue partie de la même famille ! Si les caractères sont plus fouillés qu’à l’accoutumée on échappe pas aux révélations sur l’existence d’une fille cachée, d’une liaison extra-conjugale ou la mère aimante se révélant la pire manipulatrice !

Admettons, cela pimente l’intrigue. Mais en faire l’axe principal est carrément indigne surtout développé en 23 épisodes (au moins 8 de trop). Sans parler des personnages sous exploités, Sylar notamment dont les motivations et la transformation en super-vilain sont proprement expédiés en un épisode et d’autres sur-exposés, Nikki et Suresh sont aussi insipides qu’insupportables.

 

Cependant, la série peut se montrer passionnante et ambitieuse quand elle ne démord pas de son fil narratif, empêcher la destruction de New-york. Après un début assez lent, le rythme s’accélère pour culminer avec l’épisode 20 « Five years gone », hommage appuyé aux magnifiques et mythiques épisodes 141 et 142 de Uncanny X-Men, « Days of future past ». Malheureusement le soufflé retombe plutôt lourdement lors de l’épisode final digne de X-Men 3 ! Alors que toutes les sous-intrigues culminaient tant bien que mal pour aboutir au face à face promis et tant attendu entre Sylar et les heroes, l’affrontement dantesque fantasmé se résume à un échange de quelques coups de poings ! C’était bien la peine de barder tout le monde de super-pouvoirs, tiens.

 

Malgré le manque de respect évident pour la communauté geek, la série bénéficie d’un capital sympathie énorme. A cela une seule raison. La relation entre les frères Petrelli fonctionne plutôt bien mais le véritable intérêt de toute la série est l’alchimie qui s’opère entre l’énigmatique M.Bennett et sa pom-pom girl de fille. La série doit tout au charisme et au talent de Jack Coleman. D’ailleurs, c’est à travers leur histoire que les scénaristes s’avèrent les plus inspirés et touchants. La rédemption de Bennet dans l’épisode 17 « Company man » est à pleurer. Comme le générique français d’ailleurs, sauf qu’on ne sait si c’est de rire ou de consternation.

 

Contrainte, pour sa deuxième saison, de solidifier des bases narratives bancales, la grève arrive au pire moment. Le semi-échec de la saison 1 n’empêchera pas de lancer un « spin-off » d’un genre nouveau. 6 épisodes seront produits et diffusés à mi-saison afin que le public vote pour le nouveau personnage digne d’intégrer la série. Une nouvelle façon d’impliquer le téléspectateur, qui traduit aussi une forme de constat d’échec.

Ce que l’on ne pourra pas enlever à « Heroes » c’est d’avoir introduit le grand public à la culture geek. Certes, cela relève plus d’une façade commerciale mais les scénaristes ont su prendre quelques risques et faire preuve d’un minimum d’inspiration et d’ambition.

 

Reste à savoir si la saison 2 enterrera définitivement tous les espoirs. Pas encore vu mais les quelques échos épars laisse présager du pire....

 

To be continued....

 

Nicolas ZUGASTI 

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